Alain Krivine

La disparition d’Alain Krivine est une bien triste nouvelle.

C’est un événement marquant :

  • Il l’est pour beaucoup d’entre nous qui avons milité longtemps à ses côtés et souvent avec une grande proximité.

  • Mais il l’est aussi pour toutes celles et ceux qui consacrent une partie substantielle de leur vie à militer pour un changement radical, et pour qui il est une référence, un ami, un camarade.

Pour Alain Krivine, la révolution, la lutte internationaliste contre les oppressions et pour le socialisme, la construction d’un parti et d’une internationale au service de ces combats, c’était consubstantiel de son existence. De l’époque où il a été le meilleur jeune vendeur de l’Humanité et jusqu’à son dernier souffle. De l’UEC au NPA, en passant par la JCR, la LC et la LCR. Ça ne lui a pas passé avec l’âge.

Il y aurait tant à dire, mais on peut notamment souligner quatre éléments :

  • Alain était tenace. Il était toujours là, dans les bons et les mauvais moments, dans les hauts et dans les bas, H24, 365 jours par an.

  • Alain avait « du pif » pour sentir les mouvements de la société qui se profilaient.

  • Alain était un grand orateur qui n’avait pas son pareil pour vulgariser analyse et propositions politiques et assister à ses meetings, c’était toujours un moment enthousiasmant.

  • Enfin – et c’est si rare et si éminemment positif – Alain était humble, c’était un militant qui ne rechignait jamais devant aucune tâche, même les moins valorisantes.

Ces derniers temps, il n’a pas fait les mêmes choix politiques que nous bien sûr. Mais il est resté un camarade, avec qui nous marchions en partie séparément, mais – comme nous, il y tenait – nous frappions souvent ensemble.

La nouvelle de sa disparition était attendue, mais elle fait mal. S’il avait prononcé lui même le discours de ses obsèques, il aurait invariablement placé la formule qu’il sortait lors de toutes les funérailles de camarades disparus : « faut pas pleurer car le meilleur hommage à lui rendre, c’est de continuer le combat ». Alors bien sûr qu’on peut pleurer. Mais il est interdit d’arrêter le combat car, comme il le disait, « on n’a pas le choix ».

Nous nous associons à la peine de sa famille, de ses ami.es, de tous.tes les camarades du NPA et de la IVe Internationale.

Le courant Ensemble-Insoumise, le 13 mars 2022.