Comité Unitaire d’Action Départemental de Syndicats, Organisations Politiques et Forces de Transformation Sociale de Haute-Garonne (CUAD 31)

Réuni-e-s le 28 Mai 2020 nous faisons le constat que la crise sanitaire actuelle doit marquer une étape radicale et une mobilisation massive dans le combat contre le système qui nous exploite.

La recette du système capitaliste pour se sauver et se conforter n’a jamais changé depuis son origine : imposer des sacrifices aux travailleurs et travailleuses qui produisent la richesse et à leurs familles.

La période interroge tout le monde. Les citoyens se posent des questions réellement politiques au sens profond du terme.

Nous avons la volonté de jouer pleinement notre rôle d’organisations de masse, en nourrissant le débat et en ouvrant des pistes de réponses possibles. Dans le même esprit, nous prenons en compte et nous nous inscrivons dans la logique de l’appel et de la pétition « plus jamais ça » initiés nationalement par 18 organisations syndicales et associatives, ainsi que leur plan de sortie de crise proposant 34 mesures immédiates et/ou sur le plus long terme. Nous voulons contribuer à l’organisation des nécessaires mobilisations sociales et œuvrer à ce qu’elles trouvent un prolongement et une traduction politique.

La crise actuelle est aussi une crise écologique. Elle est la conséquence du mode de production capitaliste qui martyrise la nature, la biodiversité et le rapport au vivant.

Cette crise sanitaire et sociale, ainsi que l’aggravation de la crise économique à venir, révèlent concrètement à la face du monde combien le système Capitaliste est incompatible avec l’avenir de la vie sur terre et au-delà avec celui de la planète elle-même. Il est donc important que la lutte contre ce système mortifère requière de notre part une solidarité internationale sans faille et l’unité entre les travailleuses et les travailleurs de tous les pays.

Cette réalité conforte d’autant plus la nécessité de réaffirmer notre rôle d’organisations et nos ambitions qui sont le combat pour donner aux salarié-e-s et citoyen-ne-s le droit de décider de leur travail et de leur vie.

Cela passe par le fait que les luttes indispensables et leur contenu doivent viser la fin du Capitalisme. Tous les chemins de construction de l’alternative au capitalisme doivent avoir comme point de rencontre cet objectif. Certes nous n’en connaissons pas les délais et les obstacles à venir, mais cet objectif est à nos yeux, la condition, pour construire l’unité la plus large et l’adhésion des masses.

Il ne suffit pas de se dire que le système qui a généré la crise sanitaire, sociale et économique doit changer, il faut jeter les bases de ces alternatives, à savoir que personne n’aura plus le droit de décider à la place des salarié-e-s et citoyen-ne-s et que les organisations comme les institutions devront être au seul service de cet objectif.

Le Comité Unitaire d’Action Départemental de Haute-Garonne (CUAD 31) agira selon 3 axes :
- sanitaire et social
- écologique
- démocratique et de défense des droits et libertés.

D’ores et déjà et dans l’immédiat il faut agir pour imposer :
•des masques et moyens de protection gratuits pour tout le monde distribués massivement
•l’amélioration des conditions de travail
•une augmentation générale et immédiate des salaires pour toutes et tous en l’accompagnant du rattrapage immédiat de l’écart entre les femmes et les hommes.
•la revalorisation des carrières et des métiers, particulièrement et en premier lieu les plus féminisés qui par ailleurs, ont été en première ligne pendant le confinement pour assurer la lutte contre la pandémie et assurer le fonctionnement du pays.
•l’annulation des ordonnances du 25 mars sur le temps de travail, les congés, la RTT… ainsi que toutes les dispositions limitant les prérogatives des CSE.
•l’interdiction des licenciements partout et avec une attention particulière envers les entreprises soutenues financièrement par l’action du gouvernement et donc de l’argent public.
•la diminution du temps de travail
•un réel et immédiat plan d’urgence pour la santé, suivi d’une négociation afin de s’engager sur tous les moyens à mettre en œuvre pour le renforcement et le développement des services publics, notamment de nos systèmes de santé, de protection sociale et d’éducation ainsi que l’abandon définitif des contre réformes dont celles des retraites et de l’assurance chômage
•l’arrêt des attaques contre la sécurité sociale et le paiement immédiat de tous les arriérés de l’Etat et des entreprises en matière de cotisations et de compensations !
•la protection et la transformation de notre industrie et de notre agriculture sur des bases radicalement nouvelles, dégagées de l’économie de marché, qui donnent la priorité à l’intérêt général dans le cadre de politiques écologiquement vertueuses ayant le souci de la défense de l’environnement et de la biodiversité.

Sur le plus long terme, ce sont les travailleuses et les travailleurs et eux seuls qui doivent décider des changements à apporter pour améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Nous savons que l’affrontement de classe va s’intensifier comme jamais !
L’antagonisme entre travail et capital va s’aiguiser et c’est le défi qui engage l’avenir, nous voulons l’assumer et le relever ! En effet, l’aggravation de la criminalisation de l’action syndicale, l’augmentation de la répression d’Etat, notamment dans les quartiers populaires, la mise en place progressive d’une surveillance de masse (numérique et physique) constitue un risque majeur de la période, en plus du creusement des inégalités. Nous rejoignons toutes les revendications et mobilisations pour la levée de l’état d’urgence sanitaire qui permet et génère toutes ces atteintes aux libertés.

Dans un tel contexte, nous connaissons l’importance de la bataille des idées, c’est pourquoi nous ne lâchons et ne lâcherons rien en matière de liberté d’expression, qu’elle soit collective ou individuelle, l’une garantissant l’autre.

D’ores et déjà, nous nous inscrivons dans la journée de mobilisation interprofessionnelle du 16 juin prochain et appelons à une participation massive.

Premiers signataires : CGT, FSU, PCF, NPA, FI, Ensemble, PG, GDS, GénérationS, GRS, PCOF …