Des Syriens remis à la rue à Toulouse !

Texte du CEDIS
Sombre époque…
Lundi, l’État français expulsait un squat et abandonnait à la rue une quarantaine de personnes syriennes, dont de nombreux enfants, adolescents et personnes malades. Chassées de la place de la Mairie, puis de celle la Préfecture, elles ont fini par s’installer dans le parc à côté du monument aux morts. Elles demandent à la Préfecture de les recevoir, d’étudier leurs droits et de les respecter.
L’application d’une décision de justice qui permet à un particulier de récupérer son bien après de nombreux mois d’occupation illégale est difficilement critiquable.
En revanche laisser des adultes et des enfants sur un trottoir est injustifiable et intolérable. La préfecture ne semble même pas avoir pris soin de discuter en amont avec les personnes expulsées.
Elle n’a même pas pris la peine d’étudier les situations des personnes concernées en faisant en sorte que des travailleurs sociaux aillent à leur rencontre avant l’expulsion.
En discutant avec les familles syriennes, il s’avère que beaucoup d’entre elles ont obtenu une protection subsidiaire ou un statut de réfugié. L’État a donc par ailleurs reconnu lui-même la légitimité de leur demande d’asile et de leur droit à une protection.
Les familles pensaient pouvoir finir l’année scolaire avant de devoir trouver un nouvel abri. Elles ont finalement été expulsées à quelques jours des « vacances » scolaires.
Les familles se sont d’abord installées devant la mairie. Il a été collectivement jugé préférable de ne pas vérifier si la police nationale allait réellement mettre à exécution les menaces d’expulser les enfants et leurs parents de leurs tentes après les avoir déjà expulsés un peu plus tôt de leur logement.
Comment faudrait-il expliquer qu’avec des milliers de logements vacants à Toulouse il n’est pas possible de leur trouver un logement. A Toulouse, entre 1 600 et 1 800 personnes vivent à la rue, en campement et en squat. Pourtant des milliers et milliers de logements restent vacants beaucoup trop longtemps : c’est un énorme gaspillage et un désastre humain !
Ces personnes ne demandent même pas à rester dans la région de Toulouse ou rester entre elles. Quelle excuse pourrait bien avoir l’État ?
Non seulement les entreprises françaises s’impliquent en Syrie pour des intérêts énergétiques, économiques et politiques mais en plus lorsque des victimes se réfugient en France, elles ne méritent même pas un toit au dessus de la tête !
Les membres du CEDIS (https://www.cedis31.org/)