Elargir le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon

Solidement installée dans le paysage politique, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la seule à incarner une alternative sérieuse à la droite, à l’extrême-droite sans avoir à porter le bilan gouvernemental calamiteux de Hollande et de Valls. Le programme électoral sur lequel repose la candidature du leader de la France Insoumise combine correctement les dimensions sociales, écologiques, démocratiques de la rupture avec le libéralisme et la Ve République. Enfin, la campagne rencontre un écho important, avec des niveaux élevés d’audience, par exemple un gros succès de librairie du livre programme « l’avenir en commun », des meetings fournis ou encore l’impact de la chaine YouTube.

Mais nous pensons que la dynamique populaire peut et doit encore s’élargir en renouant avec une politique unitaire, une politique permettant de mettre en synergie l’ensemble des militant-e-s et sympathisant-e-s des formations politiques qui appellent à voter pour JL Mélenchon. Conforter la dynamique la plus importante possible, c’est déterminant pour favoriser le succès électoral.

C’est déterminant également pour favoriser la recomposition de la gauche de transformation sociale et écologique face à une extrême droite et une droite extrême au service de l’hégémonie néolibérale. Seul un cadre de campagne ouvert, pluraliste, collectif et unitaire permettra le développement d’une telle dynamique militante et citoyenne.

Le cadre proposé par « France insoumise » (FI) doit de ce point de vue être interrogé.

FI est présentée comme une réponse à la crise des partis, comme une stratégie de leur dépassement, comme une alternative au Front de gauche et à ses blocages. Inutile de caricaturer, il y a des éléments intéressants dans cette construction mais celle-ci se trouve limitée par deux éléments qui posent problème :

  • FI ne représente pas en l’état la totalité de l’arc des forces susceptibles de soutenir la candidature de JLM. L’existence d’un « espace politique » où sont présent.e.s quelques militant.e.s du PCF et d’Ensemble ! à côté de celles/ceux du Parti de gauche et de la Nouvelle Gauche Socialiste ne résout en rien cette difficulté. Quel est son rôle effectif ?
  • FI est proposée comme le cadre de recomposition politique post-séquence électorale et constituerait l’idéal-type de l’organisation politique à venir. Doit-on envisager la dissolution en son sein des composantes du Front de gauche, PCF, PG et Ensemble ? En l’état, cela est tout simplement inimaginable.

Le niveau d’engagement dans les « groupes d’appui   insoumis » suffit à démontrer que la vague citoyenne n’est pas encore là. Or cette irruption citoyenne est un prérequis pour le dépassement des organisations partidaires. Inverser la séquence ne peut créer qu’illusion. L’horizontalité à la base, proclamée ou réelle, masque une verticalité dans le processus de décision. Pour ce qui concerne la séquence électorale législative, seul le ralliement au cadre et au label FI est envisagé. La charte à laquelle devraient se soumettre les candidats est de ce point de vue emblématique : nécessité de s’inscrire en soutien à la candidature JLM, renoncement à la liberté de vote des élu.e.s. L’impasse est ainsi faite sur le nécessaire rassemblement de l’ensemble des forces politiques, syndicales, associatives et citoyennes opposées au néolibéralisme. Il est bien clair que cela doit être discuté.

Si le cadre de FI est maintenant installé, il paraît urgent que ses dirigeants poursuivent le débat avec les forces qui n’en font pas partie, notamment le PCF, Ensemble!, les initiateurs de l’appel « Front commun » (ici) et les militants d’EELV ayant rejoint la candidature JLM, pour la construction d’un cadre de campagne qui, s’il ne pouvait être commun, devrait être en tous les cas, articulé et convergent.

Convergence, rassemblement de toutes les forces, c’est le sens de la tribune « Où allons-nous » de Francine Bavay (EELV), Patrice Cohen-Séat (PCF), François Longérinas (PG) et Myriam Martin (E!) (ici) ainsi que de celle de Frank Mouly (PCF) « Pour des candidatures communes aux législatives » () parues récemment dans “l’Humanité“. C’est aussi ce que notre camarade Myriam Martin met en exergue à l’issue du meeting unitaire à Nantes « Avec Jean-Luc Mélenchon, unir la gauche qui se bat » (et là).

Au niveau de la Haute-Garonne, nous nous félicitons de la proposition du PG31 en réponse à notre adresse de mi-décembre (ici) concernant la mise en place d’un « Comité départemental de soutien à Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise ». La création de ce comité est maintenant actée. Il a tenu deux réunions en présence de représentants de l’appel Front commun, du PG31, de Ensemble 31. Les collectifs locaux du Front de gauche sont invités à y venir ainsi que, bien entendu, la NGS et le PCF.

Une 1ère réunion publique se déroulera le mardi 31 janvier à 20h30, salle Osète à Toulouse.

Espérons que cette première ouverture encourageante soit reproduite dans d’autres départements.